Le monde de Juju

22 mai 2006

Le temps des cerises

Mes week-ends de célibataire commençant à me déprimer, j'ai décidé dimanche soir de me concocter une petite soirée romantique avec Grosbisou. L'ourson, toujours de bonne humeur, s'est mis à ronronner dès que je lui ai proposé le projet, c'est plutôt bon signe. Le temps d'enfiler une robe noire, des chaussures à talons (engins de torture civilisés) et de peigner mon cavalier, nous nous dirigeons d'un bon pas vers un petit resto de la vieille ville.

D'un bon pas... tout est relatif... Grosbisou marche évidemment très lentement, et à force de le porter mes bras commencent à s'endolorir. Une demi-heure plus tard, les pieds en compote et l'entrain envolé depuis bien longtemps, nous arrivons devant la porte du restaurant. Long soupir. "Une table pour deux s'il vous plaît!". Le serveur me dévisage longuement et fixe d'un air étrange Grosbisou. Un rictus moqueur se dessine sur son visage et d'un air hautain il nous explique que tout est réservé depuis bien longtemps. Long soupir. Nous repartons doucement, un peu perdus.

Après 5 essais infructueux, nous abandonnons notre recherche d'une bonne table. Long soupir. Je pense un instant rentrer chez moi et terminer la soirée devant Discovery Channel, sirotant un verre de jus de pomme. Mais finalement je refuse que cette soirée soit semblable à toutes les autres. Je soulève l'ourson et le pose sur mes épaules. Et je marche. Je marche. Je passe chez le petit épicier du quartier et lui achète quelques poignées de cerises, qu'il m'emballe dans un petit sac en papier marron.

Je ne sais pas exactement où j'emmène mon cavalier, mais je marche. La nuit est plutôt douce en ce mois de mai, des lampadaires jettent sur le pavé des auréoles de lumière que je m'amuse à contourner. Grosbisou s'endort peu à peu, assis sur mes épaules, sa frimousse écrasée sur le haut de ma tête, les bras ballants dans le vide.

Après une heure de marche, j'arrive en périphérie de la ville. Je grimpe difficilement sur le pont piéton surplombant la nationale qui borde la ville. Long soupir. Le vent est tiède, de la ville n'émane qu'un murmure un peu sourd et une nappe de points lumineux s'étale devant moi. Je descends Grosbisou qui se réveille doucement, les yeux collés et la bouche molle. Je le dépose contre moi, relève ma robe, jette mes chaussures et m'asseois en tailleurs, face au vide. Un flot irrégulier de voitures s'écoule sous le pont. Je tends mon sac de cerises à Grosbisou, qui en pioche une bien mûre et me la tend.

Nous avons dû passer 2 heures à cet endroit, assis l'un contre l'autre, à grignoter nos cerises. Nous n'avons pas échangé un regard, nous scrutions la ville, qui pétillait au loin, et les voitures qui se pressaient sous nos pieds. Le vent se rafraîchissant, nous avons pris le chemin inverse, main dans la main. Mon sac de papier était vide mais mon coeur rempli de silence.

Arrivée chez moi, j'ai déposé Grosbisou sur ma couette. A peine lové il s'est endormi, ronronnant. Je n'étais pas vraiment fatiguée et j'ai commencé à faire chauffer de l'eau pour un thé. Je me suis assise sur le rebord de ma fenêtre, le front contre la vitre froide, dehors tout est encore endormi pour quelques heures. J'allume la télé, zappe rapidement, l'éteins. Un sourire timide refuse de se déloger de mon visage. Bizarrement, je ne me sens plus seule. Je rallume la télé et mets directement Discovery Channel. Mon esprit s'amuse et mes doigts pianotent sur le coussin... Je me sens bien. Long soupir. Oups mon eau bout! Je file dans la cuisine, me verse une bonne rasade dans une tasse Bart Simpson et ouvre ma boîte à thé. Hum quel parfum... cerise?

5 Comments:

Anonymous a.ligator said...

poesie
spleen
douceur
breceuse
chaleur d'un soir d'été
lumiere qui brillent au loin....

merci, sourire par chez moi aussi...

00:41  
Anonymous Yojik said...

C'est qui ce GrosBisou ?
Il connait mon existence ?
Il le sait que toi et moi c'est pour lav' ?
Il veut profiter de sa retraite et voir ses futurs enfants grandir ?

Bon ben dis-lui qu'il les fasse à quelqu'une d'autre.

12:55  
Blogger Juju said...

Ah bah si toi et moi c'est pour lav' ...
Il a aucune chance!

13:28  
Anonymous Nell said...

A la recherche d'incoherence!!
C'est dingue tu penses a tellement de choses qu'on s'attent a se que tu fasse cramé la baraque en oubliant l'eau qui boue...Main nan!
N'empeche que ce GrosBisou doit avoir le coeur qui bat la chamade a force de vivre a tes cotes!
Tu prefere avoir GrosBisou ou le quazi-pricipichi qui t'attends pres de son lit pour enlevait ton sourir a peine dessiner et le rempacer par un sourir satisfait?
Humm ou une autres personne dont on citera pas le nom!
Ey vui...C'est sensuré a partir de la!

16:41  
Blogger Juju said...

Ohoh je vois que certaines sont bien informées ;-)

15:54  

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