Le monde de Juju

20 septembre 2006

Rencontre Marcante

Certains de vous connaissent déjà mon amour de la littérature. Je n'entends pas par là la littérature classique, je suis blonde voyons. Et mon bon vieux Germinal du lycée est entaché de ronds baveux , stigmates de mes lourdes siestes en cours de français, me maquillant le visage à l'encre des lignes interminables. Je suis une gourmande de romans contemporains, des plus légers aux moins compliqués, en passant par les succès commerciaux. Aveux sont faits.

Et samedi dernier, qu'est-ce que ma ville organise-t-elle pas? (on sent l'éloignement de Balzac, hein?) Une rencontre littéraire annuelle que je ne saurais manquer. Parcourant le programme des festivités, mon regard s'arrête sur un nom que je chéris : Florian Zeller. Miam. Autant séduite par ses écrits que ses yeux clairs, je me délecte d'avance. J'embarque mon sac, mon sourire glossé et ma copine, Miss Métisse. A nous deux Florian!

A peine arrivée sous le troupeau de tentes immense, je cherche du regard le beau blond que je suis venue admirer. Je m'engouffre dans le flot des lecteurs, lents, piétinants et bourrus. Décidément, moi et la foule... Reconnaissant derrière une pile de livre le chaleureux Daniel Picouly, je tente une sortie discrète bien que violente. J'attrape un de ses livres que je n'ai pas encore lu, Le Coeur à la Craie, et m'approche pour papoter un peu. Il prendra le temps de me montrer les livres pour enfants qu'il a co-écrits (et oui, les blondes ne sont pas réputées pour lire les ouvrages sans images) et me tend ensuite le livre que je viens d'acheter, dédicacé, me précisant qu'il m'y pose une question. J'écarte la couverture qui craquelle doucement (qui eût cru qu'un bruit fut aussi doux à mes oreilles que celui du papier argent d'une plaque de chocolat que j'entame?). Et lis doucement : "Julie, et toi c'était quand ce premier coup de foudre?". La joliesse de la chose plisse mes pattes d'oie naissantes (non non je ne fais pas de fixette là-dessus... mais quand même!!) et je m'éloigne en lui faisant une moue silencieuse, mon index pointé sur ma bouche. Il sourit. Absolument charmant.

Quelques mètres plus loin j'aperçois le stand de l'éditeur de Florian. Qu'il me pardonne cette familiarité. En le contournant, cherchant des yeux mon éphèbe promis, mon regard s'arrête sur une masse de cheveux blonds on ne peut plus impressionnante. Cousin Machin rencontre Robert Smith. Même de dos je ne pourrais la confondre à une autre : Nathalie Reims. Je n'ai jamais lu un de ses livres, mais je l'ai souvent regardée avec amusement décrire son univers romantico-médiévo-gothique dans les émissions littéraires tardives. Je lis les résumés des quelques livres présents et m'arrête sur la Lettre d'une amoureuse morte. Pourquoi pas? Faisons l'essai. La jeune femme apprêtée me sourit, me dévisage et griffonne un petit mot. Je m'éloigne et ouvre le mince ouvrage discrètement : "Pour vous jolie Julie, cette lettre d'une amoureuse morte. Très amicalement." Et alors que j'ai du mal à cacher mes joues qui s'empourprent, j'aperçois Floflo.

Les cheveux sable mélangés comme après une nuit d'amoureux, le visage d'enfant intelligent concentré sur ses dédicaces, il s'applique à réserver à chacun et chacune (beaucoup de chacunes dans la file) un sourire, un mot, une politesse. Voyant qu'il ne reste à sa table que deux exemplaires d'un de ses livres, je tends le bras et m'empare de l'objet de convoitise. Non, pas Flo d'amour, mais une copie de La Fascination du pire. Et peu après me voilà face au jeune homme, si grâcieux qu'il me fait me sentir moins femme, qui signe d'une écriture longue et ondulante : "A Julie, en lui souhaitant la fascination du meilleur. Amicalement." Bousculée par les admiratrices avides, je me vois repoussée hors de la file, sans même avoir eu le temps de payer le livre. Je sors du chapiteau, le coeur dans les yeux, et m'asseois sur un banc avec Miss Métisse, à côté d'une jeune fille qui semble ne pas se remettre de la rencontre. Elle m'explique dans un rire électrique qu'elle adoooooooooooooooooooore Florian et, tremblante, qu'elle l'a trouvé magnifique-superbe-incroyable-distingué. Tout cela formant un seul et même mot amoureux, une boule d'idôlatrie qui palpite dans sa poitrine. Son fanatisme de collégienne me fait sourire et m'amuse. Je lui réponds alors qu'en effet, il est charmant et très agréable, mais ne manque pas d'ajouter dans un sourire : "Enfin, ce n'est pas comme si Marc Lévy était là, hein!" La jeune fille à lunettes me regarde, pointe son doigt vers une longue file qui éventre le chapiteau et me lance : "Mais si, il est là. Il dédicace son dernier livre".

Juju est en arrêt cardiaque. Marc. LE Marc. MON Marc est là. Et je ne le savais pas! Manquant d'assommer Miss Métisse et Miss FandeFlo dans mon élan, je me suis précipitée, jetée dans la langue sinueuse des admirateurs. Je n'en revenais pas. Moi qui ai lu tous ses livres, lui qui m'a tant enchanté par son écriture simple et ses histoires d'amour plus émouvantes que guimauvantes! Il a toujours su toucher mon coeur de fille, de lectrice et de personne. Bref, MON Marc est là, derrière la toile blanchâtre, à quelques mètres de moi. Miss Métisse file m'acheter un exemplaire de son dernier opus en catimini, je me verrais mal me faire dédicacer la fesse gauche. Ca je le reserve pour Robbie Williams.

Après 5 loooooongues minutes d'attente, je l'aperçois. Tel Indiana devant son Diamant Vert, mes yeux s'allument et un sourire béat, je dirais même niais, se colle sur mon visage. La barbe naissante, les yeux noisette, il sourit à ses lecteurs et signe rapidement les pages vierges préludant son livre. J'arrive enfin face à lui, les yeux aussi pétillants que ceux de Nicky Larson face à Laëtitia Casta, la bave au coin de la bouche en moins. Je prends quelques minutes pour lui avouer que j'aime beaucoup ce qu'il fait, que j'ai lu tous ses livres et que ce fut un vrai bonheur. Il me regarde, me sourit, me remercie sincérement, réfléchit quelques secondes afin de personnaliser la dédicace (il devait les copier-coller depuis la matinée). Je paie le livre, tremblante et émue. Finalement la plus jolie chose que j'ai vue ce jour là, parmi tous ces écrivains, a été cet homme, si "normal" et touché par mes compliments. Un peu plus loin, j'ai ouvert le livre et y ai lu : " Pour Julie, avec toutes mes amitiés, merci pour vos lectures fidèles". Juju sourit.

J'ai donc terminé chez moi, avec 4 nouveaux bouquins et mon portable rempli de photos de Florian et Marc. Maintenant, je vous laisse, j'ai quelques livres à dévorer. Double Miam.

6 Comments:

Blogger CarrieB said...

Bon, j'avoue, moi aussi j'aime bien Lévy, ben ouais il sait toucher la corde sensible des femmes cet homme là et en plus y a pas à se torturer l'esprit pour comprendre le fond de sa pensée!
Par contre j'ai pas adoré la version ciné de "et si c'était vrai", tant qu'on en est à parler de ça...

00:06  
Blogger Dju said...

Han !!
Des filles qui aiment Marc Lévy, c'est la première fois que j'en rencontre...
Dans le bled où je vis, c'est bientôt la Foire du Livre (le premier wikend de novembre), je suis déjà impatient de savoir qui y sera présent...

Si seulement il pouvait venir y faire un tit tour T_T

19:27  
Blogger Juju said...

Je suis bien d'accord avec toi Carrie. Pourtant tout partait bien. Reese Witherspoon, Mark Ruffalo et à la prod' Spielberg... Et quand je l'ai vu... C'est retombé comme un soufflé. Ils ont trop gnangnantisé l'histoire, la fin est décevante, et le déroulement moins intense... Déception oui.

D'ailleurs il y avait un reportage hier soir sur arte (sur les best sellers) avec entre autres Marc Lévy et la film a peu été abordé, en tout cas il n'a fait aucun commentaire dessus...

Par contre, le prochain film que je ne saurais rater est l'adaptation ciné par Guillaume Canet du livre d'Harlan Coben "Ne le dis à personne". Avec une histoire pareille, ils ont intérêt à ce que ce soit aux petits oignons! Wait and see!

12:38  
Blogger LOLO TAHITI said...

Bonjour Juju, je découvre ton blog qui est une mine d'or. Je vais partir du dernier post et remonter dans le temps.
Pour Marc Lévy, je suis émerveillé par ses livres mais quelle déception ce film en effet...
Tout le côté magique, unique de l'histoire est retracé comme dans un soap opéra. Je suis sûr que si c'était Spielberg qui s'y était collé ça aurait plus d'épaisseur, ça aurait été plus proche de Marc Lévy. Mais Spielberg avait déjà fait ALWAYS, alors il a sans doute pas voulu traiter deux sujets sensiblement similaires.

Sinon question qui me brûle les doigts sur le clavier : tes super illsutrations elles sortent d'où ? c'est fait maison ? d'où ça vient ?

Bravo pour ton blog et j'ai de la (bonne) lecture devant moi...

20:38  
Anonymous Dame Ludy said...

Bonjour ! par pur hasard je me retrouve sur ton blog , et je n'ai lu que cet article pour le moment ( je vais m'attaquer à la suite d'ici peu éhéh) C'est très marrant comme tu raconte ton histoire, j'aime beaucoup ! Bon allez je m'attaque a la suite et ne le ferme pas ce blog !!

16:16  
Anonymous Nell said...

Vraiment c'est toujours un paisir de te lire en te decouvrant tout en meme temps...Marc Levy ui, un homme dont l'ecriture a fait bien chaviré des coeurs. Dailleur c'est grasse a toi que j'ai pu connaitre "Et si c'etait vrai...".
Je t'embrasse tres fort tit tete!

06:47  

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